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Compte-rendu de l’excellent raid des Petits Suisses Normands

lundi 16 mai 2016

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Inscrits à la dernière minute pour cause de blessures, notre équipe aurait pu s’appeler "les éclopés" ou les "bras cassés", mais c’est plus simplement sous le nom de "Vir’king raid mixte" que nous partons avec une intention unique : prendre du plaisir sur ce raid organisé par une des références locales des clubs de raid.
Lever à 5h, départ à 6, nous arrivons sur place un peu avant 7h pour constater que nous sommes les premiers concurrents sur place. Petite déception sur le nombre d’inscrits puisqu’il n’y a que 50 équipes inscrites sur les 100 places disponibles.
Ce qui frappe d’abord, c’est le calme qui règne chez les organisateurs : personne ne court ou ne s’agite. Chacun s’affaire à sa tâche tranquillement. On se prépare et on récupère le sac avec la feuille de route préalablement donnée sur le site. Pas de surprise, c’est la même. Dommage, on aime aussi bien les surprises.

Le déroulement du raid

Regroupement sous l’arche de départ pour un briefing. Les dossards pairs et impairs feront les sections 2 et 3 en alternance, 3 barrières horaires marquent le parcours mais elles semblent larges au vu de la distance.
Départ avec une section 1 en trail qui bouchonne dans le camping tellement les passages sont restreints. 1 petit km pour se chauffer gentiment. On se place en queue de peloton pour mieux observer nos concurrents...

Retour au point de départ pour prendre la carte de la CO (section 3 pour nous). C’est une section urbaine qui ne pose pas trop de problèmes, ni trop de choix. On tourne dans un sens ou dans l’autre. On choisit le sens horaire et on repart vers la section trail pour trouver la balise A2, puis la A6. On remonte vers la A8, puis on redescend vers la A5 et traversons le pont. On longe l’Orne au Nord pour aller chercher la A9, puis on contourne au Nord pour aller prendre la A3, puis toujours au Nord vers la A12. On redescend par le même chemin pour aller chercher la A1 puis la A11. On redescend enfin vers la A4 et on remonte le long de la berge pour prendre la A7 et revenir sur le pont et prendre la A10 et revenir au point de départ.
Une CO classique avec peu de choix techniques et des balises visibles de loin (à part la 12). La carte est pourtant très belle et en rajoutant 4-5 balises, on aurait pu avoir plus de choix sur l’ordre. On n’a pas eu le sentiment de suivre les autres, mais cette épreuve n’a pas permis de faire la différence entre les orienteurs.

Retour au point de départ, on fait bien gaffe de pointer le boitier à chaque prise de carte (c’est ce qui nous a coûté plusieurs places en 2013), et on part pour le Run & Bike avec un road-book soit disant "facile". Dommage encore car un bon road-book technique (sans les chemins inutiles) permet de mettre en évidence l’intérêt des distances. La technique du Run & Bike est particulière et toujours intéressante pour des personnes qui découvrent la discipline. Pas de problème pour nous, surtout que le road-book est vraiment facile (les cases 3, 4 , 5, 6 et 11, 12, 13, 14 semblent inutiles). Il suffit de suivre les cases dans l’ordre pour trouver le bon chemin. Les signaleurs sur le parcours rassurent sur le bon chemin à suivre. Le parcours est plutôt roulant, mais une longue côte montante de 700m réservée à ceux qui ont des cuissots nous met tous les deux à terre et on finit avec une belle descente pour rejoindre le point de départ. Belle section variée, mais qui aurait méritée d’être un poil plus technique.

Section 4, une très belle carte VTT’O nous attend. Dès le départ, on se pose pour choisir notre parcours. Il y a 7 balises à prendre, mais les options de parcours sont nombreuses. On choisit de prendre la 6, puis au choix la 8 ou la 5, ensuite la 3 et on hésite sur l’ordre des 3 autres. Le départ se fait bien, on voit des équipes se diriger vers des routes interdites... Mais après quelques kilomètres rien ne va plus. On croise des routes et chemins qui ne sont pas indiqués sur la carte. Gros doute sur la carte. On est bien orienté, mais c’est comme si des routes manquaient... Et soudain c’est la lumière : les zones vertes ne sont pas des forêts, mais des zones habitées. Et là c’est tout de suite plus clair. On se remet donc bien dans la carte et on enchaine pour aller chercher la première balise.
La balise 6 se mérite et il faut la chercher tout en haut. On y va à notre allure, mais on avance sûrement. Après la 6, nous choisirons de prendre d’abord la 8 en aller et retour qui est selon les courbes de niveau moins basse que la 5. Autant moins se fatiguer. Les chemins sont d’ailleurs bien meilleurs à remonter par la 8 (ce qui ne m’empêchera pas de prendre une gamelle et de casser mon porte carte). On laisse des équipes sur place qui remontent chercher la 5 à pied. On finit par prendre la 3.
Là au vu de notre physique, on choisit plutôt d’aller chercher la 9 puis la 7 et remonter chercher la 4 par des chemins moins rudes et moins pentus. La 9 se trouve en faisant le tour du lieu dit "La vallée" à Rouvrou qui est de toute beauté ! On ne regrette vraiment pas d’avoir fait ce raid pour ces passages-là ! On contourne le lieu et on prend la balise 9 avec un joli portage de vélo sur 10 m pour passer une barrière. Chapeau Isa pour le portage à bout de bras.
On longe alors la Rouvre dans un cadre charmant avec des hameaux aux maisons soignées au pied de la falaise. On croise des équipes qui viennent de la 3, mais qui ont le physique pour remonter de la 9 à la 4. Une fois la 7 pointée, c’est un charmant petit pont de bois suivi d’une forte courte pente à pousser le vélo. Mais on retrouve vite la route et on file sur la route puis sur un large chemin vers la 4. Le chemin vers la 4 est très ludique, c’est un enchaînement de petites côtes techniques suivies de replats ou de descente dans un cadre boisé des plus charmants. Décidément, ce raid vaut vraiment le détour.
On finit par arriver au site des roches d’Oëtre pour la section trail 5. On dépose les VTT au milieu des autres. On regarde notre montre, on a une heure d’avance sur la barrière horaire : on est large !

Ravito copieux et carte en main, on enchaîne pour cette section où on doit ramasser 3 balises en restant sur le parcours et finir par une portion spéciale chronométrée avec classement, mais sans bonus. Dès le départ on croise des équipes qui partent dans le mauvais sens, plutôt bon signe pour nous. On se met donc dans la carte et on part pour cette section qu’on appréhende en peu au vu de nos blessures respectives. On suit la carte et on anticipe les pièges là où il n’y en a pas. Qu’on reste sur le trait de la carte ou qu’on s’en écarte un peu, ça n’a pas d’incidence. On note là une différence d’état d’esprit par rapport à une approche plus "vir’king".
Mais dès qu’on quitte la route, c’est là un véritable choc : le tracé dans le paysage des roches d’Oëtre est magnifique ! Un petit hameau traversé si charmant qu’on s’attendrait à y croiser des familles hobbits ! Le sentier est technique mais globalement roulant. On poinçonne les deux balises 10 et 11 sur le parcours, un peu trop faciles à trouver. On réoriente même une équipe perdue. Enfin on descend et on atteint la rive de la Rouvre.
Et là, une fois de plus, c’est la surprise. Le sentier en bord de rivière est truffé de pierres, de racines, de zones sablées ou boueuses, le long du cours d’eau. On se délecte réellement du spectacle qui s’offre à nous. Pas de difficulté particulière sur l’orientation, mais on reste vigilant.
On arrive à la balise 12 qui marque le début d’une grosse montée qu’on fait en marchant, sachant qu’on ne s’attend à aucune bonification. Une section multipliée nous aurait sans doute boosté pour la remonter, mais on a fait ça tranquillement à notre allure. Arrivés en haut, on est encore frais, prêt pour la suite, tout sur la même carte (VTT’O, Canoë).

La section 6 ne pose pas de problème, on pointe la 13 et on arrive au Canoë à St Philbert sur Orne pour la 7e section.

4 balises à pointer en Canoë sur un parcours large mais qui offre un spectacle inoubliable. On part sur un bon rythme cadencé et croisons quelques équipes fameuses comme les raids du slip qui reviennent. Ils ont moins d’une heure d’avance sur nous, c’est bon signe. Les balises sont en ordre libre et quasiment toutes atteignables sans débarquer. On choisit la 14, puis 15 puis 17 et 16 au retour. Le courant est faible mais la 15 aurait sans doute pu être prise au retour pour bénéficier du courant. On revient à point de départ en 45 min environ, ce qui reste honnête au vu des 37 min de référence d’Arnaud. On a à présent 45 min d’avance sur la barrière horaire, ça reste jouable.

On enchaîne avec le retour en VTT couloir sur la section 8. Changement de carte intéressant et on découvre toutes les petites courbes de niveau qu’on coupe. La fatigue se faisant sentir, on croise ou suit plusieurs équipes bien fatiguées elles aussi.

On se réjouit d’avance de la section 9 suivante qui est une CO dans laquelle on espère se faire bien plaisir grâce à notre expérience d’orienteurs confirmés.
On dépose les vélos et on découvre la carte du Rocher du lion qui ne nous réjouit guère : pas de choix d’itinéraire ! Un circuit circulaire de 3 km et des balises à prendre dans l’ordre (anti-horaire pour nous). On jardine un peu sur la 8 La suite s’annoncera bien pire : Carte pas à jour (sentiers effacés, souches manquantes), balises hyper visibles sur le chemin tracé par les équipes précédentes, pas de point d’attaque visible pour certaines balises, aucune difficulté à trouver des balises trop évidentes... Bref, on s’ennuie terriblement sur cette CO qui ressemble plus à un trail pour nous en faire baver en fin de raid qu’à une vraie CO. On regrette terriblement de finir sur une note aussi mauvaise, tellement on a été enchanté par les sections précédentes. On finit la mort dans l’âme cette section, sachant que nous sommes hors délai et qu’on ne peut pas l’écourter puisque les zones cultivables ne sont pas traversables et qu’on ne peut que passer devant les balises pour rentrer.
On finit cette CO 10 minutes après la barrière horaire (15h30), mais déçu par ce choix de parcours sans grand intérêt.

Le retour par la 10e section se fera sans problème après une longue descente technique pour une arrivée à 15h41 sous l’arche.

Le résultat nous place à la 46e place sur 52 sans pénalités (?) mais avec le sentiment que ce raid a frôlé la réputation des meilleurs avec :
- une organisation irréprochable
- un choix de parcours magnifiques
- des épreuves variées et de qualité
- des supports de cartes intéressants
- la galette saucisse à la fin et une teurgoule exceptionnelle !

On regrette cependant :
- le manque de choix sur certains itinéraires
- la facilité à trouver les balises très souvent placées à des endroits faciles d’accès et très visibles
- la difficulté pour les équipes moins entraînées à finir ce raid dans les temps impartis. On est pourtant aguerris à ce genre d’épreuve et on n’a pas réussi à finir dans les temps.
- la présence d’une épreuve surprise rigolote au milieu du raid qui aurait pu remplacer la CO (qui nous laisse un goût amer).

En tout cas, on reste très content d’avoir participé à ce raid et d’avoir pu (re-)découvrir le cadre majestueux de la roche d’Oëtre qui se prête vraiment à une épreuve de ce type.
On conseille vivement à tous d’y participer pour découvrir la discipline du raid multisport.

Le Parcours complet